Traité de soi

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Après les affranchis de dieu, ce texte reprend l'ancien traité de conscience sans le mot conscience afin de lui donner toute sa dimension humaine pour enfin sortir d'une spiritualité imaginaire et pernicieuse qui ne correspond plus à sa définition première qu'est la connaissance de soi.

Comprendre les séparations pour se « vivre »

Introduction

Sommes-nous réellement à la recherche de l’éveil, du pur, d’une terre promise ou de dieu ? Ne sommes-nous pas simplement en quête d’un bonheur qui ne serait plus conditionné par des événements extérieurs et qui trouverait sa source dans le plaisir d’être heureux avec soi et pour soi ? À partir de cet état tout devient possible. Soi, l’autre, la nature, les animaux, les étoiles…deviennent un plaisir à vivre simplement car nous n’en attendons plus rien.

Le contexte

Ce texte est le dernier de la série consacrée à la souveraineté. J’ai entamé un retour à moi en sortant des nombreuses séparations issues de mes croyances, c'est-à-dire ce que je ne suis pas. Ces derniers mois sont marqués par la reconnaissance que tout ce qui compose l’extérieur est moi. Dans mon expérience actuelle, il ne reste plus que moi, dont l’envergure est aussi étroite que l’univers et aussi vaste qu’une micro cellule de ma particularité.
Je ne suis ni thérapeute, ni maître, ni être divin, ni chamane, ni canal, ni médium … je suis Olivier. Pour réaliser ces retrouvailles, j’ai lâché bon nombre d’illusions, qu’à mon sens nous devrons tous lâcher. C’est l’objet de ce partage.
En décembre 2002, lorsque j’ai touché pour la première fois à ce que je suis, j’étais encore dans une forme de rêve. Cette rencontre était la consécration d’un lointain souhait d’entrer en contact avec mon cœur. J’ai débuté en faisant des résonances (forme de lecture de cœur à cœur). Au fil du temps, en compagnie de mon cœur, j’ai entamé les retrouvailles. Quelques années plus tard, grâce à de précieuses relations, j’ai commencé les rencontres de la Conscience du Cœur, convaincu que ce qui vibre en moi vibre dans tous les cœurs et que nous sommes tous éveillés, pour autant que ce terme ait encore du sens.
Assez tôt, ce que je nommais Conscience du Cœur me demandait régulièrement de cesser de nous séparer. Je faisais encore une distinction entre le cœur et moi. Un jour, sur l’autoroute, je me suis surpris à discuter avec moi sans séparation. Je compris que je suis l’unique source de mes compréhensions. Aujourd’hui « Conscience du Cœur » n’est plus que la dénomination de mon activité de partage de ce qui est.
Le présent texte est l’apogée d’une compréhension. J’utiliserai une série de mots qui n’ont aucun sens comme dieu, dimension, plan, amour, énergie, vibration, divin,... Néanmoins, ils restent indispensables pour la communication. Se libérer d’une croyance ou d’une séparation passe inéluctablement par la compréhension. Sans ces mots, il ne me resterait plus qu’à dire : «  ».

J’écris ce texte dans la compréhension que tout est juste. Néanmoins, je garde les yeux ouverts sur le monde et perçois encore de nombreuses séparations et croyances, desquelles nous devrons tous tôt ou tard nous séparer, qui empêchent nos retrouvailles.

Le texte

Que sommes-nous ?

Qu’est ce qui vibre en nos cœurs ? Qu’est ce que la réalité dans laquelle nous baignons ? Comment nous retrouver dans cette diversité qui nous compose tous ? Comment modifier notre espace de réalité en fonction de nos souhaits ? Que font dieu, les anges, les êtres de lumière, les maîtres ascensionnés, l’amour… dans notre environnement ?

1.2 Nous et l’espace d’expérimentation

Tout se résume à soi. Nous sommes humain, animal, végétal, minéral, éléments… Chaque particularité de « ce qui est » est soi. Chaque particularité est Unité et l’Unité n’existe pas sans la particularité.

1.3 Nous sommes hors-espace

Nous nous situons entre l’envergure d’une tête d’épingle et l’étroitesse des univers. Nous ne nous restreignions donc pas à un lieu particulier et nous ne connaissons pas la notion de limite ou d’infini. Nous sommes partout et nulle part. Cette étroitesse de l’infini n’est pas accessible par la pensée, mais uniquement par le ressenti. Nous ne sommes pas quantifiables. N’étant pas circonscrits dans un espace, la notion de quantité n’existe pas.

1.4 Nous ne nous limitons pas au cœur

La matière est également ce que nous sommes. Cela signifie que nous sommes humains dans notre globalité. Néanmoins, cette perspective n’exclut pas l’idée temporaire que le cœur de toute forme est au centre de l’univers et donc source de toute chose.
A partir de la compréhension que l’univers émane de chacun de nous, il devient possible de réaliser que la particularité et l’Unité ne sont que des points de vue temporaires pour accéder à ce que nous sommes.
Si l’espace n’existe pas, est-il encore possible de comparer les formes au travers des notions de petit ou grand, long ou court, vaste ou étroit… ? Une étoile est-elle plus grande qu’une tête d’épingle ? L’océan est-il plus vaste que le ruisseau ? Dans les apparences, la diversité prend des formes multiples et variées qui ne sont pas comparables. Par conséquent, le cœur d’un humain est identique au cœur d’une fleur.

1.5 Nous sommes incarnation

Notre globalité est incarnée, nous n’avons pas laissé une partie de nous sur le bord du monde afin d’observer ce qui s’y passe. Cette compréhension nous permet de laisser tomber l’idée de la séparation entre soi incarné et autre chose que soi censée pure ou originelle.
Nous avons créé la diversité à partir de nous-mêmes. L’apparente différence des formes réside simplement dans l’intention qui l’a créée. Pour comprendre cette idée, prenons pour exemple l’eau qui peut se manifester, selon notre intention et notre nécessité, sous forme liquide, solide, vapeur. Nous comparons également une partie de soi, dite spirituelle ou sacrée, avec la matière, considérée comme profane, en fonction de leur apparence lorsque tout est identique.
L’intention permet l’incarnation, la forme. C’est uniquement via la forme que nous pouvons vivre l’émotion. A partir de l‘émotion nous avons créé la dualité. Celle-ci trouve son origine dans la nécessite de la diversité, car ce n’est qu’en se rencontrant sous différentes formes que nous pouvons nous reconnaitre.
Les retrouvailles avec soi ne sont en réalité que la réalisation qu’au-delà des diverses apparences tout est soi sans exception. Pour se vivre dans le ressenti de soi, qui n’est pas davantage le tout que le rien, la sortie complète des séparations est indispensable. Cette compréhension est le point de départ de la création consciente.

1.6 Nous sommes hors temps

Le piège à la compréhension, et par conséquent la limite de notre capacité intellectuelle, réside dans le temps. De même que l’hors-espace, l’hors-temps se ressent plus qu’il ne s’explique. Dès lors que nous pouvons saisir avec notre intelligence que l’éternité réside dans l’instant, le cœur peut ressentir que cet instant n’existe déjà plus. En attendant de sortir totalement du temps, la notion « ici et maintenant » reste justifiée. A partir de cette idée, il n’existe ni point de départ, ni point d’arrivée.

1.7 L’intellect ou le mental et le ressenti ou le cœur

Pour comprendre qui nous sommes, nous pouvons séparer théoriquement le corps, le mental et le cœur. Le corps représente la matière, il est la caisse de résonnance nous permettant, grâce au mental, de nous ressentir par le cœur au travers des émotions.

1.8 Les retrouvailles

Nous libérer de toutes les séparations rend possible les retrouvailles. Ici, nous sommes loin de l’idée rependue que l’éveil est une élévation de fréquence vibratoire car, en réalité, la notion d’éveil relève encore d’une séparation entre deux états : ce que nous sommes ici et maintenant et ce que nous croyons devoir être dans le futur.
Aucun Être, à aucun moment, n’est séparé de lui-même. Nous incarnons tous individuellement la globalité. Nos espoirs en autre chose que soi de plus éveillé, de plus magnifique, de plus extraordinaire créent la séparation entre ce que nous sommes et ce que nous croyons être. Se vivre n’apporte rien, à l’exception de soi. Nous sommes sans qualificatifs. Il n’y a, par conséquent, plus d’histoires, plus de merveilleux à l’extérieur, plus de rêves, plus d’illusions, plus d’espoirs… censés donner du sens à notre vie. Nous sommes cet état où rien ne se passe, où tout se vit au rythme d’une unique mélodie.
Nous sommes présents dans la globalité de notre être. C’est comme si nous nous tenions la main en permanence. Parfois l’étreinte est forte, parfois moins présente, mais à tout moment elle est. Cette seule sensation est le bonheur sans objet.
Nous pouvons nous vivre et néanmoins ressentir des émotions, des frustrations, des peurs. Ce n’est absolument pas incompatible. La différence réside dans l’évidence que rien n’arrive par hasard et que nous avons à nous aligner encore et encore sur notre vérité personnelle. Le processus de la reconnaissance de soi continue, à la différence près, que l’extérieur et l’intérieur disparaissent au profit de ce qui est : soi s’exprimant sous différentes formes sans séparation entre elles.

1.9 Si tout est soi, comment est-il possible de faire la guerre, de vivre la violence, de souffrir ? Inversement, si tout est soi comment pouvons-nous vivre la joie, la paix ou la fraternité ?

Tout ce que nous percevons dans la réalité est ce que nous sommes et prend forme en fonction de nos intentions. Ce que nous sommes prend forme à partir de l’émotion, issue de nos séparations et donc de nos croyances. En réalité rien n’existe. Au départ de cette abstraction tout est possible. Nous créons ainsi notre univers individuellement à partir de la conscience que nous avons de nous-mêmes. Lorsque nous nous séparons des autres par le jugement et la critique ou lorsque nous nous sentons propriétaires exclusifs de nos biens, nous ouvrons la porte au conflit et à la guerre.
Les dualités paix/guerre, joie/tristesse, l’autre/moi… sont des émotions que nous séparons et colorons en fonction de nos croyances individuelles.
L’image que nous avons de la réalité n’est pas collective. Nous envisageons tous différemment le monde à partir de la conscience que nous avons de nous-mêmes. Néanmoins, nous pouvons vivre collectivement une illusion, une croyance, un projet...

1.10 L’émotion est le pilier de notre création

Les émotions sont vécues d’autant de façons qu’il y a d’êtres. Elles se vivent différemment en fonction de notre propre réalité. Il y a autant de réalités que d’êtres.
La charge émotive, la croyance et les séparations façonnent la densité des choses et des événements. Pour exemple, par notre choix de tuer nous avons créé une densité sous la forme d’armes à feu. Lorsque nous cesserons de nous séparer de l’autre et que, pas conséquent, nous n’aurons plus le besoin de créer des armes et des projectiles mortels, nous ne les fabriquerons plus. Il en va de même pour toute création.
En fonction de nos séparations et de nos peurs, nous créons une densité, issue de nos intentions, qui devient notre réalité. Notre réalité se transforme parallèlement au changement intérieur par le biais de l’émotion qui est la source de toute création et permet l’expérimentation de ce que nous sommes.

Egrégore de la spiritualité

2.1 dieu, amour et lumière

Pour rencontrer ce que nous sommes nous devons sortir des dualités qui nous séparent de cet état. Dans le jeu des séparations nous avons créé dieu à partir de notre mental. Ce dieu est l’égrégore de la spiritualité d’où émergent toutes nos croyances et à partir duquel nous avons inventé les notions amour et lumière ainsi que la dualité pur-impur.
L’égrégore de la spiritualité est phénoménal et se cache dans tous les recoins de nos certitudes. Nous pouvons même croire qu’il est la vérité et passer mille fois à coté de ce que nous sommes sans s’en rendre compte car la croyance monopolise notre attention vers l’extérieur. L’aventure des retrouvailles est généralement entachée du besoin de merveilleux. Cet égrégore de la spiritualité a donné naissance à un monde parallèle fantasmagorique dans lequel existent les notions amour et lumière qui, en réalité, sont les piliers des religions et de la spiritualité moderne.
Il existe principalement trois dieux : celui que nous prions, celui pour lequel nous votons et celui pour lequel nous trimons. Ici, nous nous attacherons à celui qui a, dans l’imaginaire, créé le monde. La spiritualité moderne n’a rien inventé. En effet, nous retrouvons dans les prophéties new-age la dualité pur-impur prônée par toutes les religions (christianisme, bouddhisme, judaïsme, islamisme…).
Pour comprendre la dualité pur-impur, les premières phrases de la genèse sont explicites : « La terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme, et l'esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux » … « Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. » … « Dieu vit que la lumière était bonne ; et Dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres ». Ainsi, les religions ont engendré la séparation et n’ont jamais favorisé les retrouvailles. Même si les autres religions ou le monde de la spiritualité ne parlent pas de la genèse, leurs postulats fondateurs gardent tous le même principe conducteur de séparation.
A partir de la scission entre la lumière et l’ombre nous nous sommes séparés de ce que nous sommes. Nous serions censés apporter la lumière dans notre part d’ombre. Cette dernière abrite nos peurs pourtant essentielles dans le processus des retrouvailles. Nous souhaitons néanmoins nous en débarrasser au plus vite en les camouflant derrière l’illusion de la lumière et de l’amour inconditionnel. Nous distinguons l’amour divin ou inconditionnel de l’amour émotionnel. L’un serait pur, l’autre humain. Comment dans une telle perspective pouvons-nous nous reconnaitre ?
Nous avons choisi de vivre le phantasme de l’amour divin en étouffant les peurs et les frustrations créatrices de notre réalité. Une phrase attribuée à sainte Thérèse explique bien la notion d’amour divin ou inconditionnel : ''Ma vocation, c'est d'aimer, car aimer, c'est tout donner et se donner soi-même''.
Quel que soit le qualificatif attribué à l’amour (émotionnel/divin, conditionnel/inconditionnel), il n’est toujours qu’une polarité de la dualité amour/non-amour. Nous ne pouvons sortir d’une dualité qu’après avoir expérimenté ses deux pôles, car tant que nous nous focalisons sur l’amour, nous empêchons le non-amour et les émotions qui en découlent de s’exprimer.
Nous ne sommes ni amour, ni lumière, et encore moins divin.
L’énergie, autrement dit la rayonnance, est le vecteur de l’amour et de la lumière dans les thérapies comme dans la relation divin/humain. Pour comprendre d’où émane l’idée de cette énergie qui rayonne d’un cœur pur, la représentation du sacré cœur de Jésus est révélatrice. Ce dernier, représenté avec le cœur auréolé d’une couronne d’épines et supportant en son sommet un crucifix entouré d’une flamme, rayonne sa lumière sur l’humanité. Cette symbolique se retrouve dans la croyance en l’abnégation des maîtres et des êtres de lumière envers l’humanité ignorante. La palme de la rayonnance est octroyée aux maîtres vivants. Il suffit d’être en leur présence pour ressentir amour et compassion. En réalité, le maître n’est qu’un lien entre l’égrégore de la spiritualité et le monde, entre le divin et le profane, entre le ciel et la terre, entre la connaissance et le disciple. Si nous ne sommes ni amour, ni lumière, nous ne rayonnons pas, nous ne vibrons pas. Ce qui peut vibrer c’est la croyance, autrement dit, la fréquence que nous attribuons à l’amour ou à la lumière.
De surcroit, bon nombre de thérapeutes utilisent les énergies pour guérir, ouvrir les cœurs et les chakras, mener à l’ascension, ôter des implants, éveiller les consciences, donner accès à d’autres dimensions, activer le corps de lumière… et j’en passe, tant est vaste le monde qui se nourrit de l’égrégore de la spiritualité. Il n’est néanmoins pas impossible de ressentir les effets de ce travail thérapeutique. En effet, notre croyance individuelle et collective en l’amour et la lumière appelle l’amour et la lumière mais, malheureusement, n’entraîne aucune transformation sinon celle d’alimenter nos illusions.
Les notions amour et lumière ne tiennent pas compte de leur polarité non-amour et ombre. Cette négation fondamentale ne peut mener à ce que nous sommes. En effet, pour que le ressenti de soi émerge, il est nécessaire de fusionner les pôles de la dualité afin qu’ils perdent leur spécificité propre. De la fusion des pôles opposés, ex. joie/tristesse, émane une quintessence qui ne connait plus les qualités de l’un ou de l’autre pôle. D’où la nécessité de reconnaître pleinement les deux pôles de toutes les dualités.  A l’instar des revers d’une médaille tous les pôles opposés sont indissociables.
L’idée que certains lieux portent des énergies positives ou négatives est courante. Il est recommandé de nettoyer ces lieux ou de s’y recharger en énergie. J’ai personnellement participé à ce genre de rituel. Toutefois, avec la compréhension de ce que je suis, j’ai réalisé que ces lieux font partie de notre imaginaire. Si, comme c’est le cas pour toutes formes d’incarnation, ces lieux peuvent nous attirer en fonction de nos attentes et de nos croyances, leur fréquence spécifique reste néanmoins à reconnaître en soi.
Souvent il est question de plan astral, de plan divin, de multiples dimensions… sous-entendu que le niveau vibratoire de chaque dimension est moins élevé que celui de la précédente. Ces espaces sont également issus de notre imaginaire qui sépare ce qui est en pur et impur. Arriverons-nous jamais à toucher à ce que nous sommes si nous continuons à séparer ce qui est en cycles, dimensions, plans ? Etant hors-espace et hors-temps, le seul espace dont nous pouvons individuellement changer la fréquence est celui de l’incarnation. Si la fréquence se transforme, ce qui est ne bouge pas, ne s’élève pas, ne se purifie pas.
Il en est de même pour ceux qui aspirent à retrouver un corps de lumière. L’ascension vers une dimension supérieure où sont censés évoluer des êtres purs, des êtres d’amour, des êtres ascensionnés est une invention religieuse issue de l’égrégore de la spiritualité. Tout se déroule en soi, dans cette forme qu’est notre corps avec sa palette de sensations et d’émotions. Au regard de l’expérimentation, au-delà de cet espace qu’est notre corps tout est illusion. Nous n’existerions pas sans la matière et la matière n’existerait pas sans nous. La fréquence de notre corps change en fonction de notre transformation intérieure. Il est donc inutile d’espérer changer les apparences extérieures sans toucher profondément à soi.

2.2 Pourquoi croyons-nous que dieu, les maîtres ascensionnés, les êtres de lumière, la vie ou l’univers viennent du ciel ? Pourquoi posons-nous les maîtres vivants sur des trônes ? Pourquoi accordons-nous encore de l’importance aux rituels, aux reliques, aux effigies, aux idoles, aux totems… ?

Il y a une différence fondamentale entre ce que nous sommes et ce que nous appelons dieu. Nous croyons que dieu est l’origine immuable de la vie. Qu’il est source de pureté, de lumière et d’amour inconditionnel. Dieu, cette Conscience originelle, n’existe plus depuis le début de l’incarnation car elle est constamment transformée, enrichie par l’expérimentation humaine individuelle. On peut donc considérer que dieu, appelé également source ou source des sources n’existe pas. Seul ce que nous sommes est. Ainsi, nous pouvons nous soulager du poids de la croyance que nous sommes des êtres divins d’amour et de lumière pour enfin toucher librement à soi.
Ce n’est pas anodin si nous plaçons le plan divin au-dessus de nous car la croyance, source de la séparation dieu/humain, veut que dieu dispense son amour inconditionnel à partir des cieux. Nous sommes tiraillés entre le plan astral bas et le plan divin élevé. Comment toucher à ce que nous sommes si nous sommes divisés entre le bien et le mal, entre le haut et le bas, entre le pur et l’impur et si nous pensons que l’éveil est une question d’élévation vibratoire ? En conclusion, chercher dieu à l’extérieur ou à l’intérieur revient à rencontrer une illusion.
Il est aisé de comprendre pourquoi nous attendons un changement individuel et collectif qui viendrait d’en haut, car lorsque nous demandons de l’aide à la vie, aux anges, à dieu, à l’univers… ou que nous faisons simplement vœux de confiance, n’avons-nous pas le reflex de lever les yeux et les bras vers le ciel ? Lorsque nous prions dieu ou courbons l’échine en présence d’un maître ne baissons-nous pas la tête par peur (punition divine, mauvais karma,…) ou par sentiment d’infériorité plutôt que par respect ?
Aucun être conscient de ce qu’il est, que ce soit Jésus ou Bouddha, n’a demandé la pérennisation de leur expérience sous la forme de temples, d’églises, de statues, de croix ou de multiples représentations. Ils avaient conscience que ces effigies occulteraient la reconnaissance de ce que nous sommes. D’importants enjeux financiers et la volonté de maintenir la dépendance des adeptes ont créé de toute pièce l’imagerie religieuse et spirituelle.
A l’instar des religions, la spiritualité moderne puise ses croyances dans l’égrégore de la spiritualité au travers de canalisations de toutes sortes. Ces messages trouvent leur origine dans le mental puissant et imaginatif de leurs auteurs. Les channel se connectent en réalité à leur propre état d’être. Ils imaginent un être extérieur qui communiquerait à travers eux. Ces êtres canalisés sont une projection à rapatrier. Si nous sommes capables d’entendre une vérité « venue d’ailleurs », qu’est ce qui nous empêche d’entendre notre vérité intrinsèque ?
Parfois différentes personnes canalisent un même être, ce qui n’empêche pas des contradictions notoires dans le contenu des messages. Certains défendent l’authenticité de leur lien en affirmant qu’ils sont l’unique canal d’une entité particulière. Il est utile de se demander, individuellement, pourquoi nous ressentons la nécessité de se connecter à un être extérieur et pourquoi nous éprouvons le besoin d’endosser le statut de travailleur de lumière, de guerrier de la paix ou d’être divin ?
En conclusion, étant les uniques créateurs de notre existence, nous avons créé l’égrégore de la spiritualité en vue de l’expérimentation. Mais pour quelles raisons alimentons-nous encore cet égrégore ? Tant qu’une croyance nous entraine vers l’extérieur, elle met l’accent sur une séparation dont il faudra sortir tôt ou tard. Tant que nous croyons en un dieu créateur ou à diverses entités bienfaisantes, nous nous dépossédons de notre capacité de transformer notre espace intérieur.

2.3 La nécessité de créer du merveilleux à l’extérieur ou la peur de se vivre

Pourquoi créer un égrégore de spiritualité lorsque tout est à l’intérieur de nous ? Autrement dit, pourquoi prendre un détour en donnant de la réalité à dieu, aux dimensions, à l’amour, à la lumière plutôt qu’à soi ? La croyance en dieu viendrait-elle simplement occulter la peur de soi, la peur de sortir du merveilleux extérieur pour vivre ce qui est ?
La quintessence de la fusion des polarités de la dualité est ce qui est. Néanmoins, nous avons encore tendance à nous accrocher à la polarité dite positive, par exemple la joie, en reniant son aspect dit négatif, la tristesse. Ce n’est pas en camouflant un sentiment de tristesse généré par une peur derrière une attitude de joie forcée que nous pouvons transformer notre état intérieur. Nos émotions, abstraction faite de la notion de positif ou de négatif, fondent notre réalité. Il est donc indispensable de les vivre toutes pour changer notre espace intérieur.  
En définitive, nous refusons de lâcher l’égrégore de la spiritualité par crainte de retrouver un état qui ne repose sur rien ; un espace sans repères, initié par la transformation intérieure et nourri par la quintessence de la fusion des dualités. Cette quintessence ne connaissant plus les émotions, nous quittons, dans les apparences, la nécessité de donner un sens à notre vie. Il ne reste plus que soi dans l’ici et maintenant, car nous n’anticipons plus et n’attendons plus rien de l’extérieur ou de l’intérieur. Ce qui est est soi.

2.4 Les modes de création et l’effet de l’égrégore de la spiritualité

Il existe trois modes de création : le mode inconscient (la peur), le mode extérieur (l’espoir) et le mode conscient (soi).
Les règles de base de la création sont identiques pour les trois modes. Pour l’expérimentation, nous créons un décor d’illusions. Notre monde et tout ce qui le constitue est composé d’une unique vibration dont il est possible de changer la fréquence en fonction de nos intentions et des émotions qui les sous-tendent.
Le mode inconscient : chacun incarne, individuellement, ce qui est dans sa globalité. Néanmoins, la diversité à l’origine de l’incarnation apporte une manière particulière à chacun de s’exprimer. Cette particularité permet à chaque individu de se retrouver à partir de sa spécificité propre. Chaque être est à lui seul le centre de tout ce qui est. Chaque particularité s’expérimente au travers d’une qualité ou fréquence spécifique. Chaque qualité spécifique pleinement vécue inclut toutes les autres. Il n’est pas possible de rencontrer, par exemple la paix en faisant abstraction du respect, de la joie, de la quiétude… Si nous refusons de reconnaître une des polarités d’une quelconque qualité, nous nous attirons inconsciemment des situations qui n’ont qu’un seul objectif : nous faire rencontrer le revers de la médaille, c’est-à-dire la polarité refusée afin de l’expérimenter consciemment et réaliser, in fine, la fusion de toutes les dualités.
Le mode extérieur : basé sur l’espoir et la séparation, il est à l’origine de l’égrégore de la spiritualité. Nous avons créé dieu et de nombreux êtres merveilleux censés porter l’amour et la lumière ainsi qu’une série de non-évènements (2000 - 2012 - 2030 - 2050…) qui ont pour objectif de nous ramener à notre seule vérité du moment par l’abandon des illusions d’éveil, de corps de lumière, de fusion ou de rencontre avec dieu, de bouleversements collectifs… Comme le mode inconscient, le mode extérieur est  basé sur la peur. La différence réside dans le résultat de notre création. Par peur du changement, nous créons inconsciemment dans le monde illusoire de l’expérimentation un monde parallèle d’illusions sous forme d’égrégore. Par notre croyance en l’influence d’un monde extérieur, nous imaginons ressentir un certain type d’énergies issues de non-événements tels les cycles lunaires, les vortex, les maîtres, la présence de dieu, 2012… Ces énergies nous influencent en fonction de nos attentes, sans pour autant générer des transformations intérieures.
Le mode conscient : origine d’une décision choisie en connaissance de cause. Lorsque les deux pôles d’une dualité sont consciemment expérimentés, nous pouvons, en attendant de procéder à leur fusion, choisir un seul pôle, celui qui exprime le mieux qui nous sommes dans l’instant. Dans ce mode de transformation nous reconnaissons nos sentiments, émotions, frustrations ou peurs comme des partenaires indispensables. Nous ramenons toutes les situations à soi sans reporter une quelconque responsabilité à l’extérieur. Tant que nous estimons que les autres ou les événements sont, en tout ou en partie, responsables de notre état émotionnel, nous ne pouvons pas changer notre état intérieur.

Suggestions pour faciliter les retrouvailles avec soi

  1. Mon cœur est au centre de l’univers. Cela signifie que tout ce qui m’arrive, je l’ai choisi inconsciemment ou consciemment. Toute chose émane de mon point de vue. Il y a autant de centres de l’univers que d’êtres dans la diversité.
  2. Il n’existe que l’amour pour soi. S’aimer, c’est tout aimer. S’aimer c’est quitter l’amour pour l’Unité. Quitter l’Unité c’est se vivre.
  3. Aimer nos émotions et nos peurs afin de les reconnaitre comme levier de transformation. Les émotions « humaines » sont ce qu’il y a de plus révélateur. Dès lors, il n’y a plus d’amour pur ou d’amour divin.
  4. Tout ce passe dans l’instant qui n’existe déjà plus. Je ne calcule plus, je ne prévois plus, je n’attends plus rien de la vie, car seul moi suis capable de m’accorder ce que je souhaite.
  5. Le seul thérapeute c’est soi. La reconnaissance de mes émotions et de mes peurs permet une transformation profonde de ma perception du monde. Il n’y a pas d’énergies en moi qu’il faut élever à un autre niveau vibratoire. Fuyons les thérapeutes qui se connectent aux plans divins, aux énergies ou au cosmos. Si nous choisissons un ou plusieurs êtres pour nous accompagner dans la reconnaissance de ce que nous sommes, faisons en sorte de rencontrer ces personnes sur un pied d’égalité, sans la notion maître/disciple, thérapeute/patient. Nous avons tous à apprendre de l’autre, c’est la logique de la diversité. Tout est en soi et, dans ce cas, l’autre devient un révélateur.
  6. Je sors du jugement ou de la séparation issus de la dualité pur/impur. Nous ne sommes ni pur, ni impur, ni divin, ni lumière, ni amour.
  7. L’habit ne fait pas le moine. Je ne change pas mon comportement spontané pour adopter une attitude aimante ou compatissante. Je n’ai pas besoin de me déguiser.
  8. Dieu, étant un concept, n’a jamais existé. Je n’ai donc pas à le retrouver à l’intérieur ou à l’extérieur de moi.
  9. Tout ce que nous posons à l’extérieur de nous, le merveilleux ou le médiocre, sont des parties de soi à rapatrier sans jugement, sans culpabilité.
  10. Nous ne sommes pas des êtres divins, ni des êtres issus d’autres mondes. Nous ne sommes pas d’avantage la « source » incarnée, car nous sommes des êtres humains.
  11. Les maîtres vivants ou ascensionnés n’existent que dans notre imaginaire, il est donc vain de les chercher. Seul soi connait sa vérité.

Aujourd’hui, je ne ressens plus la nécessité de vivre le merveilleux à l’extérieur de moi. Il n’y a plus d’énergies qui peuvent m’influencer car je sais que toutes les formes d’incarnation sont ce qui est au même titre que moi. Humain, brindille, caillou, grain de sable, étoile, fourmi, fleur… sont chacun le centre de l’univers. C’est mon merveilleux à moi.
Une fois sorti des séparations, l’intérêt pour le monde extérieur et ses soubresauts s’estompe. Il devient difficile de parler de tout et de rien, du malheur ou de la joie, car la futilité du jugement est réalisée. Le regard posé sur la nature et l’humanité s’élargi en soi car « ce qui est » est dépourvu des notions d’intérieur et d’extérieur. Nous ne sommes pas absents du monde, nous sommes ce monde qui émane de notre Être. 


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Rien n’existe, Tout est possible
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Un grand merci à Marina, Maman, pour
sa riche participation à la rédaction de cet article.